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Noël c’est cadeau !

KdoA ré-écouter sur Radio Notre-Dame, même s’il en manque un tiers (vers 3’34)
C’est Noël dans une semaine, et si l’esprit de Noël est parfois absent, il souffle tout de même sur la ville de Lille avec une belle initiative solidaire qui a vu le jour. Arthur depuis plusieurs mois passe tous les jours devant un SDF, il finit par lui dire bonjour, par sympathiser, par lui acheter un sandwich, et un jour, il lui donne des vêtements qu’il ne met plus et qui sont encore très bien. Il se rend compte de la joie que cela procure chez ce pauvre homme et se dit que c’est pour lui un peu Noël. Il décide alors de lancer une grande collecte pour que les 3000 SDF de Lille puissent recevoir un cadeau pour Noël et baptise l’opération « Un cadeau pour un charclo » (traduction du verlan : clochard) Il met une page Facebook en ligne et très vite, c’est un vrai succès, il collecte des cadeaux, il organise tout cela et cela prend de l’ampleur. Il a visiblement inspiré plusieurs villes pour faire la même chose. Quand on voit ce type d’initiatives qui nait spontanément, on peut rester optimiste sur notre pays, notamment après les régionales que l’on vient de vivre.

C’est pour cela qu’il me semble qu’au lieu de regarder nos hommes et nos femmes politiques se déchirer, se battre pour leur bout de gras, c’est tellement affligeant, je crois qu’il est temps de mettre les projecteurs sur les véritables initiatives, celles qui viennent des citoyens, celles qui font vraiment avancer la France. Car j’en suis sûre la solution ne viendra pas d’en haut, mais d’en bas. Je pense aussi par exemple à la start up KOOM, lancé par un jeune trentenaire qui permet à tous de s’inscrire à un défi qui permet d’œuvrer pour la préservation de l’environnement avec une démarche sociale et solidaire.

Noël nous invite à plus de solidarité, et à plus de générosité. Cet appel nous l’avons ressenti très fort après les attentats, et je pense qu’il va se développer de plus en plus –attention préparez-vous, ça va être énorme. Il y aura notamment cette année beaucoup de réveillons solidaires, d’après mes informations, beaucoup plus que d’habitude. Enfin, une amie me disait qu’il était important de garder le cœur à la fête. Et je peux vous dire lorsque vous voyez la vidéo du jeune Arthur qui a lancé un cadeau pour un charclo, il est vraiment heureux, joyeux de le faire. Et si la solidarité, le don de soi était le vrai secret de la joie qui demeure ?

Alors je vous souhaite un Noël solidaire, un Noël rempli de joie !!

Vatileaks, changement d’ère

© LSD - Rome 2014
© LSD – Rome 2014

Ce week-end deux personnes ont été arrêtées, elles faisaient partie de la commission chargée de faire un audit général sur les finances du Vatican. On parle d’un nouveau Vatileaks. Ces deux personnes auraient transmis des documents confidentiels à un journaliste italien, qui auraient servi pour la rédaction de deux livres publiés en Italie hier. Ces ouvrages révèlent un manque total de gestion dans les finances du Vatican, un manque de transparence, une volonté de ne pas transmettre les comptes, des détournements d’argent etc.

Bref, les livres révèlent une certaine résistance à la politique du pape François. On se rappelle qu’il a été élu, entre autres, pour réformer la Curie. Il sait qu’il doit dégraisser un mammouth, pire que l’Éducation Nationale en France donc imaginez un peu ! Il doit nettoyer une institution vieille de plusieurs siècles. Mais regardez comment il procède, et là on peut dire en cela qu’il est un modèle. Il s’est entouré d’un conseil de 9 cardinaux, il a créé un ministère de l’Economie, il a à cœur que s’il y a une restructuration, les personnes ne perdent pas leur emploi. Il agit lentement mais sûrement. Il prend conseil, il discerne. Il prend le temps.

Au final, je pense que cette affaire nous renvoie à notre propre capacité à accueillir le changement. Franchement, personne n’aime être bousculé, surtout lorsque l’on a ses petites habitudes. Et accepter de changer, c’est accepté de se regarder en face, de voir ses failles, ce qui ne va pas. Après tout, on s’en est accommodé, même si cela fait du mal aux autres, ou à soi-même. Je parle de nos petites malversations intérieures, ou de nos rétentions d’informations. C’est lorsqu’un regard extérieur vient faire la lumière sur nos zones d’ombre que nous trouvons bien confortables, eh bien c’est à ce moment que l’on se sent gêné et mal à l’aise. Comment faire pour que ça aille mieux, vers plus de beau, vers plus de bien, vers plus de bonheur. C’est donc un vrai travail sur soi, qui demande courage et lucidité. On peut donc comprendre qu’après tant d’années, cela soit difficile pour la Curie. C’est alors que seule la grâce peut intervenir. Ce qui se passe au Vatican, c’est aussi ce qui se passe en chacun de nous. Personnellement je pense que le changement est possible, pour nous comme pour la Curie. C’est mon côté optimiste.

 

Visite du pape en France : temps attendu

La version audio c'est par ici, il faut passer trois minutes : Radio Notre-Dame.

Dès l’annonce de la venue du pape François en France, on a vu apparaître sur les réseaux sociaux une page Facebook « Visite du pape en France », lancée par un groupe de jeunes dynamique pour préparer cette visite pontificale. Il faut dire que cette venue était très attendue. Rappelons-nous en janvier dernier, lors de la visite du Président Hollande au Vatican, une pétition avait été lancée sur Internet pour demander au pape de venir en France. François (Hollande) avait d’ailleurs invité François à venir en France. A Rome en avril dernier, en étant près du podium, et me retrouvant à portée de voix du Saint Père, une seule phrase m’était venue à crier  : "Vieni in Francia !" repris en choeur par les Italiens autour de moi : "Viens en France !" Résultat ça a plutôt bien marché puisque le pape vient à Strasbourg mardi 25 novembre et revient en 2015 (ne me remerciez pas).

Ok, le pape vient en France mais où ? L’équipe "Visite du pape en France" a eu l’idée d’interroger les internautes pour savoir où ils aimeraient que le pape se rende. Ils ont le choix entre 31 lieux, en particulier des lieux spirituels. Devant le succès de cette opération, plusieurs sanctuaires se sont manifestés pour faire partie de la liste, 12 ont été ajoutés récemment. Vous pouvez donc voter (en likant) pour Notre-Dame de Paris, le sanctuaire de Rocamadour, Le Puy en Velay, le Mont Saint Michel, Vezelay et bien d’autres encore. La presse locale s’est emparée de cette initiative pour faire remonter les sanctuaires de leur département. Ce qui a frappé dans sondage révèle de manière flagrante la place de la Sainte Vierge dans notre pays, avec notamment des lieux d’apparitions mariales. Nous fêtons d’ailleurs aujourd’hui la présentation de Marie. Tout le monde connaît Lourdes et la rue du Bac, mais on ignore souvent que la Vierge est également apparue à Pontmain, à Pellevoisin, à la Salette, à l'Ile Bouchard et à Notre-Dame du Laus. Et c’est ce lieu qui emporte le plus de likes sur Facebook, l’occasion d’en savoir plus sur son message. C’est à une bergère, Benoîte Rancurel, que la Vierge apparaît pendant plusieurs années au XVIIe pour lui donner un message de réconciliation et de conversion. Il me semble donc que le choix des internautes est peut-être guidé par la Providence, pour faire connaître ce message et ce lieu ! Pour moi cette mobilisation révèle aussi le rôle et la mission particulière de la France parmi les nations. Il faut tout de même rester conscient que ce vote n’influencera pas le choix du pape, même si les trois « gagnants » seront communiqués au Vatican.

Qu’attendre de cette visite du pape ? Je trouve déjà dans un premier temps très important de l'attendre tout simplement. Cette initiative sur Facebook nous invite à préparer nos cœurs à cette rencontre, et elle ne sera que plus féconde du fait d’avoir été attendue et désirée. Il me semble que le pape François peut venir nous réveiller. Jean Paul II l’avait déjà fait, François pourra renouveler cet appel et provoquer un choc salutaire et bénéfique pour notre pays. C’est une chose de voir le pape François à la télé, c’est est une autre de le voir en réalité. Il a une capacité incroyable à entrer en interaction avec la foule, à parler au cœur, avec des mots simples. Pour terminer rappelons que le pape François sera en France cette semaine, puisqu’il se rend au Parlement Européen et au Conseil de l'Europe mardi prochain. L’équipe « Visite du pape en France » propose de suivre les discours sur Twitter via le hashtag #PapeEurope.

Enfin voici mon tiercé gagnant pour la visite de 2015 : en premier Marseille évidemment, Notre-Dame de la Garde, avec mes origines méditerranéennes, c’est pour moi incontournable, ville ouverte sur le monde, ville de métissage, ville qui souffre. Et puis de manière plus classique, deux de mes sanctuaires préférés : Lisieux car je suis une grande fan de Thérèse et Lourdes, cela va sans dire. Et vous avez-vous fait votre choix ?

Sylvie

France Algérie : des mots pour des maux

Nous avons commémoré la semaine dernière l’entrée dans la guerre d’Algérie, en 1954 il y a 60 ans, un anniversaire presque passé inaperçu. Qui aujourd'hui en France s'intéresse réellement à l'Algérie ? Qui, hormis les pied-noirs et leurs descendants, hormis ceux qui ont combattu, hormis les harkis et les Français qui en sont originaires qui se soucie de ce pays ?

Avec une grand-mère pied-noir, j'ai comme reçu en héritage, inconsciemment(?), à la fois une attirance, un attachement, oserais-je dire un amour pour ce pays de douceur et de miel, et une déchirure, celle du rapatriement. Cet amour a véritablement éclos et trouvé son sens en 1996 lors de la mort des moines de Tibhirine restés, après l'Indépendance, par amour de l'Algérie et du peuple algérien. J'ai été particulièrement bouleversée par cet événement et j'ai alors compris cette présence comme le symbole d'une possible cohabitation entre chrétiens et musulmans, d'égal à égal. Leur mort violente n'a rendu que plus fort le message de paix qu'ils ont incarné et qu'ils ont malgré tout semé.

L’Histoire entre nos deux pays semble comme une plaie béante, sur laquelle personne n'ose se pencher. Personne ou presque. Deux femmes, Karima Berger et Christine Ray, nées de part et d'autre de la Méditerranée, ont commencé un travail méticuleux et chirurgical. Dans ce livre Toi, ma soeur étrangère, elles mettent un baume réparateur, par leurs mots, elles pansent les blessures mutuelles. N'évitant aucun sujet tabou, elles retissent par leurs échanges sans langue de bois, la toile déchirée. Elles reprennent le fil, défont les noeuds. Elles se comprennent, se reprennent, convoquent les grandes figures du passé, retracent les drames, les vols, la méfiance, l'ignorance, la violence, le mépris… Elles réparent. Leurs paroles apaisent. A les lire, j'ai eu cette impression terrible que les deux peuples étaient passés l'un à côté de l'autre, sans se comprendre, sans se découvrir.

Mais est-il trop tard pour que le passé s’apaise ? Les deux écrivains nous prouvent que non, que le chemin vers la connaissance de l'autre est possible. Une reconnaissance qui passe par un partage culturel, philosophique et spirituel. Et s'intéresser à l'autre, n'est-ce pas s'intéresser à soi ? Connaître l'histoire de l'Algérie, c'est aussi comprendre la France d'aujourd'hui, et nos concitoyens musulmans. Je pense que nous avons un immense travail de réconciliation à faire, avec ce pays, qui est un peu comme notre jumeau de l’autre côté de la Méditerranée. Il faut le mener à bien pour les jeunes d’origine maghrébine qui vivent en France et qui sont perdus entre deux cultures. Des pardons mutuels sont à donner. Et pour cela les écrits des frères de Thibirine peuvent nous aider, pour voir au-delà de la souffrance. Et si l’histoire est parcourue de drames, il est bon aussi de se souvenir qu’il y a eu de belles histoires d’amitié avant l’indépendance, et qu’il est vital de ne pas l’oublier, pour construire l’avenir.

Algérie- France, France- Algérie : comme le dit Karima Berger : "Notre destin est commun". Car aimer la France, c’est aimer l’Algérie et vice versa.

Sylvie