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Psychothérapie pour la France (version 2016)

La liberté guidant le peupleVersion audio, au bout de trois minutes sur Radio Notre-Dame.
Avec les attentats, il me semble que nous avons soudainement pris conscience que notre société va mal. On entend que les valeurs se perdent qu’il y a un manque de repères. Mais dites moi, comment une société peut-elle aller bien si elle ne sait pas d’où elle vient ni où elle va ?
Comparons la France à un être humain. Il est avéré que reconnaître que l’on va mal, c’est être à moitié guéri. Reste alors à l’être entièrement. Mais pour cela il faut prendre les moyens, par exemple en passant sur le divan. Imaginez le thérapeuthe lui dire « Chère France, parlez-moi un peu de votre enfance… » Silence. Je sens poindre le problème : « Auriez-vous quelque chose à régler avec votre passé… votre passé judéo-chrétien par exemple ? » Ouï, là ça fait mal, diagnostic : notre société ne va pas bien car elle demeure fâchée avec une partie de son Histoire. Avec un passé douloureux. Je ne suis pas médecin, mais je crois que dans ces cas là qu’il y a un mécanisme d’oubli des traumatismes antérieurs qui se forge, qui permet de vivre ou de survivre, jusqu’au moment où « ça pète », sous une forme ou sous une autre.

Un passé judéo chrétien ?
J’ai l’impression de choquer, de « blasphémer », voire de parjurer la sacro-sainte laïcité. Que la Raison me pardonne ! Le propos n’est pas d’être croyant ou non : je parle ici de culture. Alors pourquoi est-ce aussi difficile à accepter ? A l’heure actuelle, les Français associent l’ère chrétienne à l’obscurantisme : les croisades, l’Inquisition, les guerres de religions etc. Je reconnais que l’on a, en France et ailleurs, tué et massacré au nom de la religion. Comme tous ceux qui partagent ma foi, je le déplore vivement. Mais cependant, pourquoi tous ces faits historiques occultent-ils le bien qui a été réalisé par l’Eglise ? Comment peut-on passer sous silence ce que les monastères ont apporté de stabilité et de paix à l’Europe du Moyen-Age ? Comment peut-on oublier que l’instruction et l’éducation ont été développées en premier lieu par les clercs ? Comment nier que les premiers hospices, ancêtres de nos hôpitaux furent à l’origine créés par des chrétiens, fidèles au message du Christ ?
 Actuellement, l’Histoire que l’on enseigne à l’école est fondée sur un événement : la Révolution. On l’étudie en CM2, en 4e et on nous en recolle une couche au lycée – on ne sait jamais, connaître les mois révolutionnaires peut un jour nous servir au Trivial Poursuit. Mais ce qu’il y avant : on n’en parle presque pas.

Alors que faire ? Déjà ne pas se tromper de remède. On nous propose de mettre plus de laïcité, plus de laïcité, mais non !!! Il faudrait plus d’histoire, plus d’histoire, plus de culture. Cela permettrait aux Français de reconnaître, qu’ils sont profondément chrétiens, qu’ils le veuillent ou non. Et pour preuve aujourd’hui la générosité, les valeurs de solidarité et de partage, que l’on retrouve chez peu de nations. Je suis sûre qu’une guérison est possible pour la France et que tout doucement elle s’acceptera avec ses blessures, et qu’elle pourra faire ce travail de réconciliation intérieure, comme le fait un être humain qui se remet en question pour aller mieux. Et cela ne nous empêchera pas de vivre en paix avec les autres religions, au contraire ! Savoir qui l’on est, être fier de sa culture et de son histoire, aide à vivre avec les autres. Sinon il ne faudra pas s’étonner que cela aille mal.

Sylvie

NB : une première version de cet article avait été publié en 2010 « Psychothérapie pour la France« .  J’y ai pensé en lisant cet article sur Famille Chrétienne Malik Bezouh, des frères musulmans à l’amour de la France chrétienne.

Territoires déformés

La même chose versio audio sur Radio Notre Dame

Première chose par rapport à cette réforme, quelle en est la raison ? A priori simplifier l'appareil administratif de la France et limiter la dépense publique. OK. Mais elle a surtout pour objectif de constituer des régions fortes, compétitives en Europe. Donc la raison d'une telle réforme est essentiellement économique, l'humain n'y a aucune place. Je trouve particulièrement paradoxal que cette annonce du Président se fasse quelques semaines après les Européennes, où une méfiance vis-à-vis de l'Europe a été exprimée. Beaucoup ne veulent pas d'une Europe uniquement fondée sur l'économie. Si l'on veut construire l'Europe, il faut arrêter de la réduire à un marché économique et enfin bâtir un projet avec les hommes qui la composent. Les hommes, cela signifie une culture, des racines, une histoire, un projet de société.

Plus qu'un problème de timing

Donc au moment où l'on sent le projet européen flageoler sur ses deux pieds – si tant est qu'il en est – eh bien l'on trouve le moyen d'en rajouter une couche. On entend à longueur de journée qu'il n'y a plus de repère, plus de valeurs, que la famille va mal, qu'il n'y a plus de respect des religions, plus rien qui puisse nous structurer un peu… La seule chose qui peut nous rester, c'est notre identité territoriale. La terre d'où l'on vient ou sur laquelle on a grandi. Je peux vous dire que lorsque l'on soutient l'USAP, le club de rugby de Perpignan, on ne soutient pas celui de Montpellier pourtant dans la même région. Eh bien, ce dernier repère, cette dernière petite accroche, le Président décide de nous l'enlever. On a bien vu avec les plaques d'immatriculation, le tôle que cela a soulevé pour garder son numéro de département ! Avec les super régions, et à terme sans doute la disparition des départements, des territoires dont l'histoire, la culture, la gastronomie, le patrimoine, les paysages n'ont rien avoir vont se retrouver dans un destin commun. Je prends par exemple le cas du Bourbonnais, (là d'où je viens) qui administrativement se trouve en Auvergne – mais qui a peu de point commun avec le pays des volcans – qui va se retrouver totalement pommé en Rhone-Alpes et dépendre de Lyon. On imagine bien que les périphéries de ces super régions vont être les laissées pour compte de cette réforme, qui à nouveau va abandonner les plus petits sur le bord du chemin.

Quelle solution ?

Je crois que le Président se trompe totalement de stratégie en voulant faire cette réforme. Il me semble que c'est en renforçant le local que notre pays pourra s'en sortir. En mettant l'homme et la culture au centre. Et quand on est fier de ses racines, on peut ensuite s'ouvrir aux autres et faire partager sa culture et sa richesse à ses voisins, y compris Européens. Lorsque on aime son territoire, on a envie d'y rester et pourquoi pas d'y créer son entreprise, d'être innovant, de relancer de l'artisanat, de faire du bio…
On ne peut pas construire la France, construire l'Europe sans les hommes et uniquement sur l'argent. Sans les consulter sur leur avenir sans leur demander leur avis. Donc il y urgence d'un référendum, pour que l'appareil administratif et économique reste au service des Français, et non le contraire.

Sylvie

Photo : Twitter @SabEnBzh

Opération #8décembre

Dans un mois quasi jour pour jour aura lieu au théâtre du Rond Point à Paris la pièce de théâtre controversée Golgota Picnic. Depuis plusieurs semaines, suite au spectacle "Sur le concept du Visage du Fils de Dieu", on a lu et entendu beaucoup de choses. Certains ont choisi l’écriture pour donner leur avis et d’autres, se sentant blessés dans leur foi – ou manipulés – sont allés ostensiblement manifester leur mécontentement devant le théâtre. Suite à tout cela m’est venue une idée. Qu’allons-nous faire concrètement pour que ce chari-vari ne se reproduise pas pour cette seconde pièce, qui pour le coup semble vraiment injurieuse, alors que la première, a priori (je ne l’ai pas vue) ne l’était pas. Les évêques dans un communiqué parlent d’un spectacle qui « blesse et blessera » et qui « dénigre notre culte ! »
Je propose donc « l’opération 8 décembre », date à laquelle le spectacle est programmé et mais aussi fête de l’Immaculée Conception, date hautement symbolique. Voici donc mon plan en trois parties, n’hésitez pas à en parler autour de vous :

     1/ Il y a un mot qu’on a peu ou pas entendu c’est le mot « prière ». On s’en est peut-être servi comme banderole ou oriflamme mais a-t-on seulement pensé à prier avant d’agir ? Aussi à J – 1 mois, prions pour les artistes, le monde de la culture, pour les spectateurs mais également pour l’annulation de ce spectacle : pourquoi pas une dizaine de chapelet par jour ? Seule condition pour participer : y croire. Rappelons-nous ce que nous dit le Christ dans l’Evangile de Marc : "Tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l'avez déjà reçu, cela vous sera accordé.".

     2/ Dialoguons au lieu de crier au blasphème. Comme nous y invitent l’Abbé Grosjean, Koztoujours et bien d’autres dans leur tribune parue la semaine dernière dans Le Monde, donnons-nous les moyens d’entrer en contact avec le monde de la culture. Rencontrons la Direction du Rond Point pour lui faire part de notre émoi et de notre mécontentement et lui demander l’annulation du spectacle. Si ce n’est pas possible recourons à la justice et à ce qu’elle peut offrir comme possibilités. Autre alternative, comme le disent les évêques, écrivons à nos élus en nous scandalisant que l’argent public soit ainsi dépensé à dénigrer un culte (comme l’a fait le blogueur Pneumatis)

     3/ Enfin, en cas d’annulation, trouvons une alternative, et proposons un spectacle chrétien, un peu comme dans le rêve de Jean-Baptiste Maillard. Le spectacle de Robert Hossein « Une femme nommée Marie » arriverait à point nommé et pourrait être le plus beau cadeau fait au théâtre du Rond Point pour le 8 décembre.

Sylvie

PS : vous pouvez également écouter la chronique sur Radio Notre Dame

Montée de l’insécurité : je suis en partie responsable

Nouvellenouvelle - A AVAUDJ’ai été témoin récemment de l’agression verbale d’un contrôleur de train par un petit jeune qui n’avait pas son billet. Menace de mort sur agent, train bloqué en gare, intervention de la police… Mon sang de Fantômette n’a fait qu’un tour : je suis allée dire au contrôleur, une femme en l’occurrence, que tout le train la soutenait et qu’on n’allait pas laisser un gamin embêter le monde. Elle m’a remerciée et m’a répondu qu’en onze ans c’était la première fois qu’un voyageur lui manifestait son soutien.

Nous sommes TOUS responsables de cette montée de violence. Je suis la première à avoir la trouille de me prendre un coup de couteau (je me suis manifestée une fois l’agresseur parti). Mais ne me faites pas croire qu’à un train entier soit environ 200 personnes, nous ne pouvions pas réagir pour soutenir cette femme !

En même temps je comprends la poussée actuelle de délinquance et de criminalité, fruits de l’oisiveté et de l’ignorance. Car quelle société proposons-nous à nos jeunes, qu’ils soient d’origine maghrébine ou franco-française ? L’argent facile, le sexe comme seul but, la violence et la drogue comme moyens ? J’ai vécu pendant neuf mois dans un quartier défavorisé du Pas-de-Calais, parmi de jeunes Français dont la culture se résumait EXCLUSIVEMENT à ce qu’ils voyaient à la télé. Je vous passe les détails : des mômes qui commencent à fumer dès 8 ans, des gamins « embauchés » pour schouffer pendant les trafics des plus grands, des fillettes qui vous miment des positions et des attitudes qu’elles n’ont sans doute pas vues dans la Belle au bois dormant etc. Bref, nous avons ce que nous méritons. Ce que nous proposons à travers une certaine télé, la presse People, le porno et les jeux vidéos ne peut rien donner de bon. Le plus surprenant, c’est que cela nous étonne.

C’est à NOUS, d’exiger de la télé qu’elle nous élève un peu (boycott, courriers de lecteurs…). A nous d’arrêter de fumer des joints, à nous de ne pas succomber à nos instincts les plus bas… A nous d’imposer d’autres valeurs…
Ou alors, restons tranquillement assis dans le train, au moins on sera sûr qu’il ne se passera rien et que l’on continuera d’aller dans le mur.

Sylvie