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Territoires déformés

La même chose versio audio sur Radio Notre Dame

Première chose par rapport à cette réforme, quelle en est la raison ? A priori simplifier l'appareil administratif de la France et limiter la dépense publique. OK. Mais elle a surtout pour objectif de constituer des régions fortes, compétitives en Europe. Donc la raison d'une telle réforme est essentiellement économique, l'humain n'y a aucune place. Je trouve particulièrement paradoxal que cette annonce du Président se fasse quelques semaines après les Européennes, où une méfiance vis-à-vis de l'Europe a été exprimée. Beaucoup ne veulent pas d'une Europe uniquement fondée sur l'économie. Si l'on veut construire l'Europe, il faut arrêter de la réduire à un marché économique et enfin bâtir un projet avec les hommes qui la composent. Les hommes, cela signifie une culture, des racines, une histoire, un projet de société.

Plus qu'un problème de timing

Donc au moment où l'on sent le projet européen flageoler sur ses deux pieds – si tant est qu'il en est – eh bien l'on trouve le moyen d'en rajouter une couche. On entend à longueur de journée qu'il n'y a plus de repère, plus de valeurs, que la famille va mal, qu'il n'y a plus de respect des religions, plus rien qui puisse nous structurer un peu… La seule chose qui peut nous rester, c'est notre identité territoriale. La terre d'où l'on vient ou sur laquelle on a grandi. Je peux vous dire que lorsque l'on soutient l'USAP, le club de rugby de Perpignan, on ne soutient pas celui de Montpellier pourtant dans la même région. Eh bien, ce dernier repère, cette dernière petite accroche, le Président décide de nous l'enlever. On a bien vu avec les plaques d'immatriculation, le tôle que cela a soulevé pour garder son numéro de département ! Avec les super régions, et à terme sans doute la disparition des départements, des territoires dont l'histoire, la culture, la gastronomie, le patrimoine, les paysages n'ont rien avoir vont se retrouver dans un destin commun. Je prends par exemple le cas du Bourbonnais, (là d'où je viens) qui administrativement se trouve en Auvergne – mais qui a peu de point commun avec le pays des volcans – qui va se retrouver totalement pommé en Rhone-Alpes et dépendre de Lyon. On imagine bien que les périphéries de ces super régions vont être les laissées pour compte de cette réforme, qui à nouveau va abandonner les plus petits sur le bord du chemin.

Quelle solution ?

Je crois que le Président se trompe totalement de stratégie en voulant faire cette réforme. Il me semble que c'est en renforçant le local que notre pays pourra s'en sortir. En mettant l'homme et la culture au centre. Et quand on est fier de ses racines, on peut ensuite s'ouvrir aux autres et faire partager sa culture et sa richesse à ses voisins, y compris Européens. Lorsque on aime son territoire, on a envie d'y rester et pourquoi pas d'y créer son entreprise, d'être innovant, de relancer de l'artisanat, de faire du bio…
On ne peut pas construire la France, construire l'Europe sans les hommes et uniquement sur l'argent. Sans les consulter sur leur avenir sans leur demander leur avis. Donc il y urgence d'un référendum, pour que l'appareil administratif et économique reste au service des Français, et non le contraire.

Sylvie

Photo : Twitter @SabEnBzh

Prophète de bonheur

L'être humain semble avoir ce besoin inexorable de se projeter dans l'avenir. Les chefs d'entreprise font des prévisions, les voyants des prédictions et les croyants des prophéties. John Lennon imaginait, Martin Luther King quant à lui rêvait.

Appelez comme vous voulez ce que qui va suivre, mais concernant le pape François je suis persuadée qu'il y aura un avant et un après. J'ai le sentiment très fort que ce pape va apporter à l'Eglise un vent d'air frais, et que la perception qu'en ont nos contemporains va changer. Je ne pressens rien de fulgurant, rien d'immédiat, mais un changement dans la douceur et dans la durée. Ce pape va nous surprendre par les nombreux gestes qu'il va poser et dont les premiers jours ne sont que les prémices. Il va nous réconcilier avec l'Eglise, vous allez voir. D'ici quelques temps, lorsque nous dirons aux générations qui nous suivent, "De mon temps, les églises étaient vides, et on n'y voyait que des têtes blanches, les gens pensaient que l'Eglise était archaïque, déconnectée des réalités du monde… ", ils auront peine à nous croire ! Prenez des photos et filmez les messes, ce sont des documents historiques !

Pourquoi un tel optimisme me direz-vous ? Parce que, comme le dit Enzo Bianchi, fondateur de la communauté monastique de Bose, "Le pape s'est fait homme". Parce que François est comme nous : il parle comme nous, il a des amis, une famille, il passe des coups de fil, il fait des blagounettes etc. C'est ce qui va permettre d'abolir la distance, de combler le fossé qui s'est peu à peu creusé entre la société et l'Eglise. Cela ne signifie pas que ces prédécesseurs aient été ou sont des surhommes. Non, mais la jovialité, les mots simples et le caractère latino-américain si chaleureux du pape François font qu'il n'a pas besoin de grands discours pour exprimer son humanité : elle transparait de partout. Et lorsque l'on se sent proche de quelqu'un, on est plus a même d'écouter ce qu'il a à nous dire. 

Alors, le pape François sera-t-il celui qui verra se réaliser ce que Benoît XVI avait appelé de ses voeux : que les hommes reviennent à Dieu ? L'avenir seul nous le dira.

Sylvie

La femme est un homme comme les autres

… C’est en tout cas ce que la société cherche à nous faire croire, confer la dernière campagne de communication de l'INPES, établissement public sous tutelle du Ministère de la santé (voir photo). Un homme = une femme et vice-versa. Sur le plan de l’égalité des droits et de la dignité, je suis d’accord. Depuis la Genèse, en passant par saint Paul les choses sont claires. Même si parfois l’Histoire a oublié que ce fondement est judéo-chrétien. Mais tant sur le plan physique que psychologique, on ne peut pas nier la réalité. Alors pourquoi n’aurait-on pas le droit de dire que nous sommes différents ? Il s’agirait peut-être simplement de parler de complémentarité. Si seulement nous pouvions nous enrichir des différences des uns et des autres plutôt que d’idéaliser l’androgynie. D’ailleurs, il me semble que le monde aurait bien besoin d’un peu plus de féminité. Car la femme, n’en déplaise aux féministes, est l’expression de la tendresse, de la douceur, de l’intériorité, elle qui porte la vie. En résumé, tout ce dont le monde a soif à en crever. Et que font les femmes aujourd’hui ? Une bonne partie cherche à devenir des hommes : agressives, battantes, dominantes, écrasant les autres… elles en arrivent même à faire peur à ces messieurs, qui ne savent plus sur quel pied danser. D’où une pénurie d’hommes virils, ce dont les mêmes femmes masculines sont les premières à se plaindre. D’un autre côté, nombreuses sont celles qui se prêtent au jeu des hommes et au fantasme de la femme-objet. Le corps est mis en exergue, il n’est parfois même plus respecté à force d’être dénudé et moulé dans des vêtements trop justes, il devient vitrine avec pour seul objectif le plaisir. Ah la la, il est grand temps que les femmes redeviennent des femmes, avec toute leur part de mystère, leur pudeur, leur faculté d’écoute et leur bon sens. Cela ne ferait pas de mal… aux hommes. Sylvie