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Mourir pour vivre

Plante 22 marsLa version audio sur Radio Notre-Dame c’est par ici !
Avec les attentats, c’est comme si la mort, le mal, la souffrance, qu’on aimerait tellement voir disparaître eh bien bam, d’un coup, viennent nous dire : « Coucou on est là ! Vous nous aviez oubliés ? » Ces événements nous rappellent tragiquement que notre vie a une fin, que la souffrance et l’épreuve en font partie. Car nous sommes tous à un moment ou à un autre confronté à la mort. La mort d’un proche, mais aussi la mort d’un projet, la mort d’une relation… Une amie qui était au stade de France le vendredi 13 novembre, et qui a vécu une soirée très mouvementée m’a dit que ce qui avait changé depuis ce moment là, eh bien c’est qu’elle avait accepté l’idée de mourir, l’idée que cela s’arrête un jour. Et c’est cela que nous sommes en train d’apprendre en ce moment : l’acceptation de l’épreuve, de la souffrance et de la mort.

Accepter ok mais que faire ? La première réaction qui m’a le plus marquée sur les réseaux sociaux est celle de la compassion dans la douleur. Consoler : quel beau mot de la langue française ! La réponse à la mort et à la souffrance c’est peut-être prendre soin des uns des autres. Mais sans attendre un malheur pour le faire. Dans ce domaine-là nous avons pas mal de choses à inventer.

Il est tout de même étonnant que ce drame ce soit produit au cœur de la Semaine Sainte. Les évêques de Belgique ont d’ailleurs déclaré : « le Vendredi Saint nous est tombé dessus avec trois jours d’avance. » Je le vois comme un signe très fort pour nous inviter à ne pas nous morfondre et ne pas nous laisser entrainer dans une spirale de peur et de revendications sécuritaires. Au contraire ! Si Jésus passe par l’épreuve de la Croix, par la Passion, c’est pour revenir ensuite à la Vie. Quel paradoxe ! Au milieu des drames, se trouve l’Espérance qu’un monde meilleur. Mais ça je vais vous dire, ce renouvellement de société, il ne dépend pas des politiques, il ne dépend pas du Président ni du premier ministre, il dépend de vous, il dépend de moi, il dépend de chacun d’entre nous, du regard que nous posons sur notre voisin, sur celui qui est différent. Et ce regard, nous devons aller le chercher au fond de notre cœur, là où se trouve la Lumière, la Lumière de la Résurrection, qui vient éteindre à tout jamais les ténèbres de la mort.

Je pense particulièrement aujourd’hui à tous ceux qui souffrent, et qui sont dans la douleur. Qu’ils continuent à croire que l’Amour et la Vie vont triompher.

Sylvie

Il y a une vie avant la mort

Version audio sur Radio Notre Dame 

Jour des défunts, 11 novembre, feuilles qui tombent et temps maussade : en ce début du mois de novembre la mort se rappelle à nous. Eh oui, une fois par an, nous nous souvenons qu'un jour la vie se termine et nous commémorons nos défunts.
Car s'ils ne sont plus là, ils sont tout de même présents : par le souvenir, les objets qu'ils ont laissés et qui nous les rappellent. Il arrive parfois de ressentir leur présence, là au fond de notre cœur, lorsque l'on a la foi et que l'on croit à la vie après la mort.

Et si penser à la mort, à nos morts nous remplissait non pas de tristesse et de morosité, mais nous donnait envie de vivre ? Si savoir qu'un jour la vie terrestre s'achève nous faisait prendre conscience de l'importance de vivre l’instant présent ? Par exemple pour dire aux gens qu'on les aime, profiter des moments simples du quotidien, chercher pour quoi nous sommes faits, quelle est notre place sur terre, notre mission, réaliser nos rêves, rendre les gens heureux autour de nous ou encore arrêter de nous plaindre. Se souvenir que la vie se termine, c’est se dire qu’il y a quelque chose d’autre d’essentiel en dehors du travail et de la quête des biens matériels : l’amour, qui lui n'a pas de fin. Ce n’est pas au soir de notre vie qu’il faudra nous dire « J’aurais pu » ou « J’aurais dû ».

D’ailleurs, pour être concret, je vous propose un petit défi. Aujourd’hui (et pas demain) passer un coup de fil ou écrire à quelqu’un à qui l’on tient, pour le lui dire. Ou poser un geste concret qui va dans le sens du bien.
Lorsque quelqu'un meurt c'est peut-être le message qu'il nous laisse : profiter de chaque instant, comme si c'était le dernier. Vivre tout simplement et aimer. En demandant peut-être l'aide de ceux qui vivent, de manière différente, au Ciel.

Vous connaissez l’expression : « C’est mortel ! » sous entendu, c’est top, c’est formidable. Eh bien la vie terrestre est mortelle : c’est là son intérêt. Donc finalement ce début de mois de novembre nous invite à vivre avec intensité en aimant et à goûter, d’ores et déjà, à la joie éternelle.

Sylvie

© Flickr bpmn

La mort vous va-t-elle si bien ?

On les voit partout : sur les T-Shirts, les sacs à main, en boucles d'oreille, en foulard, sur la doublure des converses… Depuis quelques années les têtes de mort sont tendances, très trendy, ce sont les must have du moment. Même les enfants ont droit à leurs body morbides. Je dis morbides car jusqu'ici les têtes de mort rimaient plutôt avec macabre qu'avec mascara. Je pense notamment aux danses macabres du Moyen-Age sur lesquelles la mort faucheuse était représentée par un grand squelette à l'allure repoussante, prêt à vous emporter à tout moment. Il y a eu aussi les Vanités au XVIIIe, où les têtes de mort nous rappelaient notre finitude, non sans vouloir nous effrayer. La tête de mort est également l'emblème des pirates, qui, s'ils élevaient un tel fanion, ne le faisait pas pour inviter l'équipage des bateaux rencontrés à venir faire une belote, mais plutôt pour leur annoncer un trépas imminent. Plus récemment, la tête de mort est devenue une "figure" emblématique du hard rock et certains T-Shirt sur fond noir peuvent vous donner le frisson, pour peu que vous soyez un peu sensibles. Enfin, on associe la tête de mort aux produits toxiques ou pour signaler tout simplement un danger mortel. 

Pour autant, cette omniprésence des têtes de mort dans la mode signifie-t-elle que nous avons, enfin, apprivoiser la mort ? Car aujourd'hui elles ont presque visages humains. Parsemées de coeurs, de gros noeunoeux, en rose bonbon ou en strass, familières et innocentes, elles sont entrées insidieusement dans notre quotidien, et elles ne font plus peur ! Eh bien malgré tout cet exhibitionnisme, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, la mort reste un sujet tabou. Elle semble même avoir disparu du paysage  : on voit très rarement de corbillard, on ne sait plus lorsque quelqu'un est en deuil, car tout le monde s'habille en noir, et nous nous sentons très démunis lorsque quelqu'un de notre entourage perd un proche. Difficile de trouver les mots. Alors pourquoi porter la mort comme un étendard sur nos vêtements et nos chaussures alors que nous ne la supportons pas ?

Nous approchons à grands pas de la Toussaint, le jour de l'année que l'on associe le plus à la mort*, et qui peut être l'occasion de voir si elle n'a pas une autre tête. On a réussi à faire de ce jour le plus triste de l'année alors qu'il s'agit de la fête de tous les saints, une fête remplie de joie puisque nous sommes appelés à vivre éternellement dans l'amour de Dieu. Bref, notre vie ne s'arrête pas le jour de notre mort, même s'il ne reste qu'un tas d'os, surmontés d'un crâne. Je sais ce n'est peut-être pas évident dit comme cela mais c'est la foi des chrétiens : l'âme ne meurt pas. Plus compliqué, nous ressusciterons un jour avec notre corps ; ne me demandez pas les détails techniques, je n'ai pas reçu de fax pour m'expliquer la procédure.

Alors, quitte à faire l'homme ou la femme sandwich, autant le faire avec des habits de lumière. Car au fond, la vie vous va si bien…

Sylvie

* pour les catholiques, la Toussaint fêtée le 1er novembre est la fête de tous les saints, le 2 novembre est la commémoration de tous les défunts

L’euthanasie n’est pas digne

L’association AMD (Assocation pour le Droit de Mourir dans la Dignitéa voulu marquer un grand coup récemment avec une campagne trash en faveur de leur cause : la légalisation de l’euthanasie. Pour sensibiliser les candidats à la présidentielle, ils les ont donc représentés en fin de vie en les incitant à se poser la question de l’euthanasie si un jour ils devaient être confrontés à une telle situation. Franchement, on est bien d’accord, personne n’a envie de finir sa vie dans d’atroces souffrances. C’est logique. Et pour l’AMD, la seule solution d’abréger une existence touchée par une maladie incurable, c’est donc la mort. Jusqu’ici pas de problème. Sauf que cette association milite pour que la mort soit programmée, anticipée, décidée par le malade. Exit la mort « naturelle », hop hop hop. A l’heure où on nous bassine avec les produis bio, la protection de l’environnement, l’écologie sous toutes ses formes et sous toutes ces couleurs, eh bien là, la nature, on n’en veut pas. Non non et non, on veut mourir dans la dignité, c’est-à-dire, excusez-moi de parler cru, piqué comme un chien ou comme un condamné à mort américain. C’est charmant. Ce qui me gêne également dans ce lobbying est le fait que cette ou ces associations montent toujours en épingle, avec la complicité des médias, des cas extrêmes pour faire pleurer dans les chaumières et convaincre les Français que l’injection létale est une délivrance, un service rendu. (Koztoujours en parle très bien dans son article Faut-il euthanasier ses opposants ?). Je sais qu’il existe des cas très difficiles et je n’ai pas été à confrontée à une telle situation dans mon entourage. Mais ce qui me pique au vif (pardonnez-moi le jeu de mots) c’est que l’on parle si peu en France des soins palliatifs. Des soins pallia quoi ? Oui des soins palliatifs, vous avez bien lu. Dans ces services spécialisés, les malades en fin de vie sont pris en charge dans leur globalité, et accompagnés, avec leurs familles, vers une mort inéluctable. Voici comment ils sont présentés dans la brochure du Ministère :
« Ils ont pour objectif de préserver la qualité de vie, de soulager les douleurs physiques et tous les autres symptômes gênants. Ils prennent également en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle de la personne malade et de sa famille. »
Qui aujourd’hui sait qu’il existe la loi Leonetti, qui encourage les soins palliatifs et interdit l’acharnement thérapeutique ? Que l’on applique déjà la loi qui existe avant d’en créer de nouvelles !
Admettons que l’on en vienne un jour à tuer nos petits vieux et nos cancéreux en phase terminale, ces personnes qui sont « un poids » pour la société… Qui nous dit que l’on ne supprimera pas un jour les SDF, les personnes handicapées et tous ceux qui n’entrent pas dans les cadres de notre système ? Je sais j'exagère, mais on peut aller très loin comme ça.
Ayons le courage de renverser les choses : c’est l’EUTHANASIE QUI N’EST PAS DIGNE de notre humanité, et non l’inverse.

PS : si vous pensez également que l’euthanasie n’est pas une solution, signez le Manifeste Plus digne la Vie
A lire aussi le dernier billet d’une Catho à l’hosto, qui vous décrypte point par point la campagne de com’ de l’AMD.