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« C’est de la merde ! »

Blog MorandiniPour écouter la version audio, c’est par ici : Blog Notes sur Radio Notre-Dame.
Nous gardons tous en France un souvenir joyeux et amusé de la gouaille de Jean-Pierre Coffe et de son fameux : « C’est de la merde ! ». Or on ignore souvent que c’est quelqu’un qui a eu une vie assez rude. Il a perdu son père très tôt, il a eu un accident qui lui a laissé longtemps des séquelles, et je passe sur différents épisodes éprouvants de sa vie. Et pourtant, il reste dans notre esprit comme un personnage haut en couleurs, bon vivant, aimant la bonne chère, les bons produits, bref la vie tout simplement. Il avait demandé à ce que l’on ne fasse pas de nécrologie, mais seulement de la rigolade. Cela nous invite à la réflexion sur notre propre capacité à dépasser nos souffrances. Est-ce qu’au cœur de notre épreuve, il nous est possible d’espérer des jours meilleurs, et de la traverser, sûr et confiant que cela n’est que passager. Cela nous renvoie également à la question du choix. Le choix de la vie plutôt que la mort, le choix de la joie plutôt que la tristesse. La vie de Jean-Pierre Coffe c’est peut-être un exemple de ce que la volonté, et la force de caractère sont capables de faire et de surmonter.

Et Dieu sait s’il avait un sacré caractère et qu’il en a joué, surjoué peut-être sans doute jusqu’à la caricature de lui-même. Derrière ce côté atypique, je vois une chose à retenir : être capable d’assumer notre différence. Elle peut parfois nous faire peur, car on aimerait ressembler aux autres, être dans le moule, dans la norme. Mais le cadre, l’étiquette : « C’est de la merde ! » Pour moi, ce que nous dit la vie de Jean Pierre Coffe c’est : osez être vous-même quitte à parfois à être ridicule… Et alors ? Au final, tout le monde sera gagnant. J’aime cette citation : « Si je ne suis pas moi-même, qui le sera à ma place ? » Si tout le monde se ressemblait quelle tristesse. Alors, prenons soin de découvrir nos talents, de les déployer et de les mettre au service de la société. Le monde en a besoin !

Car au final, son talent lui a permis de faire passer un message. Il fait partie sans doute des premiers à avoir parlé de la mal bouffe. Et si aujourd’hui la question de l’alimentation est devenu un sujet de préoccupation pour les Français, il y est certainement pour quelque chose. Alors au-delà du personnage truculent, Jean Pierre Coffe a réussi le tour de force de nous faire passer des idées. Il était notamment très attaché au manger local, à privilégier les circuits courts, à consommer des fruits et légumes de saison etc.

Alors aujourd’hui j’ai envie de dire merci à Jean Pierre Coffe pour ce qu’il nous a apporté, pour la leçon de vie qu’il nous donne au-delà de la mort. On va essayer de continuer.

Mourir pour vivre

Plante 22 marsLa version audio sur Radio Notre-Dame c’est par ici !
Avec les attentats, c’est comme si la mort, le mal, la souffrance, qu’on aimerait tellement voir disparaître eh bien bam, d’un coup, viennent nous dire : « Coucou on est là ! Vous nous aviez oubliés ? » Ces événements nous rappellent tragiquement que notre vie a une fin, que la souffrance et l’épreuve en font partie. Car nous sommes tous à un moment ou à un autre confronté à la mort. La mort d’un proche, mais aussi la mort d’un projet, la mort d’une relation… Une amie qui était au stade de France le vendredi 13 novembre, et qui a vécu une soirée très mouvementée m’a dit que ce qui avait changé depuis ce moment là, eh bien c’est qu’elle avait accepté l’idée de mourir, l’idée que cela s’arrête un jour. Et c’est cela que nous sommes en train d’apprendre en ce moment : l’acceptation de l’épreuve, de la souffrance et de la mort.

Accepter ok mais que faire ? La première réaction qui m’a le plus marquée sur les réseaux sociaux est celle de la compassion dans la douleur. Consoler : quel beau mot de la langue française ! La réponse à la mort et à la souffrance c’est peut-être prendre soin des uns des autres. Mais sans attendre un malheur pour le faire. Dans ce domaine-là nous avons pas mal de choses à inventer.

Il est tout de même étonnant que ce drame ce soit produit au cœur de la Semaine Sainte. Les évêques de Belgique ont d’ailleurs déclaré : « le Vendredi Saint nous est tombé dessus avec trois jours d’avance. » Je le vois comme un signe très fort pour nous inviter à ne pas nous morfondre et ne pas nous laisser entrainer dans une spirale de peur et de revendications sécuritaires. Au contraire ! Si Jésus passe par l’épreuve de la Croix, par la Passion, c’est pour revenir ensuite à la Vie. Quel paradoxe ! Au milieu des drames, se trouve l’Espérance qu’un monde meilleur. Mais ça je vais vous dire, ce renouvellement de société, il ne dépend pas des politiques, il ne dépend pas du Président ni du premier ministre, il dépend de vous, il dépend de moi, il dépend de chacun d’entre nous, du regard que nous posons sur notre voisin, sur celui qui est différent. Et ce regard, nous devons aller le chercher au fond de notre cœur, là où se trouve la Lumière, la Lumière de la Résurrection, qui vient éteindre à tout jamais les ténèbres de la mort.

Je pense particulièrement aujourd’hui à tous ceux qui souffrent, et qui sont dans la douleur. Qu’ils continuent à croire que l’Amour et la Vie vont triompher.

Sylvie

Faites votre marché

Version audio malheureusement tronquée sur Radio Notre-Dame.

C'est l'été, le moment où l'on aime flâner sur les marchés, sentir les bonnes odeurs, et acheter de bons fruits et légumes Eh bien, avant les vacances, j'ai envie de vous inviter à prendre votre panier et à faire vos courses ! Mais pas n'importe lesquelles (je rappelle que ce blog s'appelle LSD). Puisque dans ce panier, je vous propose de mettre tous les cadeaux que la vie vous fait chaque jour. Une rencontre, une petite phrase gentille, quelqu'un qui vous tient la porte, des petits rien qui au final font beaucoup. Et je crois malheureusement que nous avons parfois tendance à passer à côté. Alors pourquoi les mettre dans un panier, eh bien tout simplement parce qu'ils peuvent s'envoler très vite. Ces instants de vie ne durent pas, et si l'on veut en puiser toute l'énergie, toute la vitamine, il est bon de les savourer, d'y repenser, de les méditer. Ils sont une forme de nourriture pour notre vie spirituelle. 

"Je ne vois pas le temps passer" est sans doute l'une des expressions que l'on entend le plus souvent, avec l'impression de ne pas avoir profité. Difficile en effet de vivre l'instant présent sans se soucier de l'instant futur. Alors, si nous essayons de voir le temps passer, en se disant qu'aujourd'hui, je profite pleinement de ma journée, conscient de ce que je fais, de toutes les petites choses, à l'affût des propositions que me fait la vie, à travers la bouche de mes collègues, de ma famille, de mes amis.

Il me semble aussi que les vacances sont un temps pour être à l'écoute de soi-même. En relisant l'année, de voir le bien comme le mauvais et voir les sentiments qui m'habitent, et quels sont les besoins chez moi qui ne sont pas comblés. C'est ce que l'on appelle la Communication Non Violente, une technique qui peut rendre de nombreux services dans les relations humaines. Car si l'on cueille aujourd'hui les fruits de la vie, si l'on profite de chaque instant en étant connectés à nous-mêmes, alors ô combien nous allons pouvoir être remplis d'énergie et d'amour pour être disponibles aux autres et trouver notre bien-être.

Sylvie

Il y a une vie avant la mort

Version audio sur Radio Notre Dame 

Jour des défunts, 11 novembre, feuilles qui tombent et temps maussade : en ce début du mois de novembre la mort se rappelle à nous. Eh oui, une fois par an, nous nous souvenons qu'un jour la vie se termine et nous commémorons nos défunts.
Car s'ils ne sont plus là, ils sont tout de même présents : par le souvenir, les objets qu'ils ont laissés et qui nous les rappellent. Il arrive parfois de ressentir leur présence, là au fond de notre cœur, lorsque l'on a la foi et que l'on croit à la vie après la mort.

Et si penser à la mort, à nos morts nous remplissait non pas de tristesse et de morosité, mais nous donnait envie de vivre ? Si savoir qu'un jour la vie terrestre s'achève nous faisait prendre conscience de l'importance de vivre l’instant présent ? Par exemple pour dire aux gens qu'on les aime, profiter des moments simples du quotidien, chercher pour quoi nous sommes faits, quelle est notre place sur terre, notre mission, réaliser nos rêves, rendre les gens heureux autour de nous ou encore arrêter de nous plaindre. Se souvenir que la vie se termine, c’est se dire qu’il y a quelque chose d’autre d’essentiel en dehors du travail et de la quête des biens matériels : l’amour, qui lui n'a pas de fin. Ce n’est pas au soir de notre vie qu’il faudra nous dire « J’aurais pu » ou « J’aurais dû ».

D’ailleurs, pour être concret, je vous propose un petit défi. Aujourd’hui (et pas demain) passer un coup de fil ou écrire à quelqu’un à qui l’on tient, pour le lui dire. Ou poser un geste concret qui va dans le sens du bien.
Lorsque quelqu'un meurt c'est peut-être le message qu'il nous laisse : profiter de chaque instant, comme si c'était le dernier. Vivre tout simplement et aimer. En demandant peut-être l'aide de ceux qui vivent, de manière différente, au Ciel.

Vous connaissez l’expression : « C’est mortel ! » sous entendu, c’est top, c’est formidable. Eh bien la vie terrestre est mortelle : c’est là son intérêt. Donc finalement ce début de mois de novembre nous invite à vivre avec intensité en aimant et à goûter, d’ores et déjà, à la joie éternelle.

Sylvie

© Flickr bpmn

La mort vous va-t-elle si bien ?

On les voit partout : sur les T-Shirts, les sacs à main, en boucles d'oreille, en foulard, sur la doublure des converses… Depuis quelques années les têtes de mort sont tendances, très trendy, ce sont les must have du moment. Même les enfants ont droit à leurs body morbides. Je dis morbides car jusqu'ici les têtes de mort rimaient plutôt avec macabre qu'avec mascara. Je pense notamment aux danses macabres du Moyen-Age sur lesquelles la mort faucheuse était représentée par un grand squelette à l'allure repoussante, prêt à vous emporter à tout moment. Il y a eu aussi les Vanités au XVIIIe, où les têtes de mort nous rappelaient notre finitude, non sans vouloir nous effrayer. La tête de mort est également l'emblème des pirates, qui, s'ils élevaient un tel fanion, ne le faisait pas pour inviter l'équipage des bateaux rencontrés à venir faire une belote, mais plutôt pour leur annoncer un trépas imminent. Plus récemment, la tête de mort est devenue une "figure" emblématique du hard rock et certains T-Shirt sur fond noir peuvent vous donner le frisson, pour peu que vous soyez un peu sensibles. Enfin, on associe la tête de mort aux produits toxiques ou pour signaler tout simplement un danger mortel. 

Pour autant, cette omniprésence des têtes de mort dans la mode signifie-t-elle que nous avons, enfin, apprivoiser la mort ? Car aujourd'hui elles ont presque visages humains. Parsemées de coeurs, de gros noeunoeux, en rose bonbon ou en strass, familières et innocentes, elles sont entrées insidieusement dans notre quotidien, et elles ne font plus peur ! Eh bien malgré tout cet exhibitionnisme, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, la mort reste un sujet tabou. Elle semble même avoir disparu du paysage  : on voit très rarement de corbillard, on ne sait plus lorsque quelqu'un est en deuil, car tout le monde s'habille en noir, et nous nous sentons très démunis lorsque quelqu'un de notre entourage perd un proche. Difficile de trouver les mots. Alors pourquoi porter la mort comme un étendard sur nos vêtements et nos chaussures alors que nous ne la supportons pas ?

Nous approchons à grands pas de la Toussaint, le jour de l'année que l'on associe le plus à la mort*, et qui peut être l'occasion de voir si elle n'a pas une autre tête. On a réussi à faire de ce jour le plus triste de l'année alors qu'il s'agit de la fête de tous les saints, une fête remplie de joie puisque nous sommes appelés à vivre éternellement dans l'amour de Dieu. Bref, notre vie ne s'arrête pas le jour de notre mort, même s'il ne reste qu'un tas d'os, surmontés d'un crâne. Je sais ce n'est peut-être pas évident dit comme cela mais c'est la foi des chrétiens : l'âme ne meurt pas. Plus compliqué, nous ressusciterons un jour avec notre corps ; ne me demandez pas les détails techniques, je n'ai pas reçu de fax pour m'expliquer la procédure.

Alors, quitte à faire l'homme ou la femme sandwich, autant le faire avec des habits de lumière. Car au fond, la vie vous va si bien…

Sylvie

* pour les catholiques, la Toussaint fêtée le 1er novembre est la fête de tous les saints, le 2 novembre est la commémoration de tous les défunts

Ladies gagas

Je fais partie depuis peu d’un cercle très particulier, d’un club très sélect dont on obtient la carte de membre uniquement le jour de la naissance de son premier neveu ou de sa première nièce, je veux parler, vous l’aurez compris, du très célèbre gang des « tatas gagas ». En effet, j’ai constaté ce phénomène (qui consiste à être raide dingue de ses neveux et nièces) chez la plupart de mes amies devenues tantes, avant d’être mamans. Il est étonnant de voir à quel point les adhérentes du club partagent un certain nombre de points communs, et notamment cette fameuse gaga attitude.
Comment expliquer une telle façon d'être avec la progéniture de son frère ou de sa sœur ? Il y a sans doute le lien de sang : ces enfants nous sont familiers par des ressemblances de personnalité, ou par des ressemblances physiques : « Comme elle est mignonne ! Elle a vraiment tout de sa tata ! » Ce lien de la chair si particulier semble donc justifier un élan d’amour et d’affection pour ces petits qui dépasse la raison. Compensation affective ? Nature humaine ? Ainsi les tatas gagas développent en général un comportement assez particulier pour ces enfants. Elles les gâtent bien évidemment, leur trouvant toujours la petite robe à papillons roses trop mimi, le château légo avec princes et dragon inclus ou le doudou géant très encombrant mais trop craquant. Elles les affublent de surnoms aussi affectueux que ridicules, et il ne vaut d’ailleurs mieux pas les voir adopter un langage régressif devant leur huitième merveille du monde. Tant que personne ne les surprend… Bref, elles sont totalement gagas et se reconnaissent entre elles.
Le mystère de la vie nous fascine. Lorsqu’il vous frappe de si près, tel la foudre, on ne peut que s’émerveiller devant l’arrivée au monde d’un nouvel être, un événement qui peut sembler banal, mais qui nous dépasse par sa grandeur. Pourquoi ces petites boules de vie sont source de tant de joie ? Cela peut paraître idiot à dire mais je pense tout simplement parce qu’elles nous mettent face à l’essentiel : l’amour. Alors s’envolent les problèmes et les difficultés, tel un oiseau migrateur qui n’a pas l’intention de revenir, pour rester bronzer au soleil. Merci à nos frères et à nos sœurs (et à leurs conjoints) de nous permettre de relativiser et de nous faire partager la simplicité d’un bonheur qui n’a pas de prix.
Et vous, êtes vous une tata gaga ou un tonton gâteau ? Avez-vous développé les mêmes syndromes lors de la naissance de vos neveux et nièces ?
Bon, je vous laisse, je vais m’occuper de ma nièce :-)

Sylvie

 

C’est dit !

On pensait déjà être tombé bien bas avec la presse féminine et ses titres sexocentrés, ce n’était encore rien face à la profondeur abyssale du néant proposé par la société (= nous)  avec la sortie du n°2 du magazine C’est dit. J’ai testé pour vous (donc gardez plutôt les 1,50€ pour Haïti) pour m’assurer qu’il ne s’agissait pas d’un canular et parce qu’il faut le lire pour le croire, et là je vous servirai si vous le voulez bien de St Thomas. Donc je confirme, le contenu du bimestriel correspond à ses titres, que je cite en vrac :

         Une jeune divorcée comblée : « Mon ex-mari m’a aidée à retrouver l’amour »

         J’achète de l’héroïne à ma fille

         Maman d’un enfant transsexuel « J’aide mon fils de 8 ans à devenir une petite fille »

Tout est très bien fait pour tomber dans le piège, le merchandising du produit a bien été étudié. En couverture, une jeune femme active, façon Femme Actuelle et une maquette attrayante, assez d’jeunes.
Entre un article sur être mère à 60 ans, un encadré sur les couples échangistes et « Ma meilleure amie est morte sous mes yeux », je vous assure que toutes les personnes interviewées dans ce torchon magazine agissent par amour. Que l’on soit bien d’accord. Je ne dois pas avoir la même conception de l’Amour, avec un grand A.
Enfin, tout est vraiment dit dans la phrase explicite qui précède le titre et qui soulage votre conscience si vous achetez une telle lecture : « La vraie vie au féminin ». Voilà donc à quoi ressemble la vérité pour les éditeurs, les diffuseurs de cette m….. Il y a de quoi se poser de sérieuses questions philosophiques. Personnellement, je suis encore choquée par un tel journal. Jusqu’à quand ? Jusqu’où notre société ira-t-elle ? Malheureusement, il faut parfois tomber bien bas pour se relever. Et ce magazine n’est peut-être que le début de la chute. Les affiches de C’est dit se trouvent actuellement sur toutes les devantures de nos kiosques à journaux. Est-ce la Vérité, est-ce la Vie et est-ce Féminin ? Le Spirituel D'abord emet un doute certain. Au moins c'est dit.

Sylvie